Farida BOUBE DOBI admise à l’école doctorale de l’INP-HB

Farida BOUBE DOBI, spécialiste en Sciences de l’Environnement, vient d’être admise à l’école doctorale polytechnique au Centre d’Excellence « Mines et Environnements Miniers de l’INP-HB ».

Le sujet de doctorat porte sur l’évaluation de l’impact de l’exploitation aurifère sur la dynamique des eaux souterraines dans un contexte de changements globaux (Cas de la Côte d’Ivoire), et a pour objectif la mise en place d’un modèle hydrogéologique.

Son directeur de thèse est le Dr. Eugène KOUAKOU, Maitre de conférences Hydrologie, Hydrogéologie, Environnement et Changement Climatique, Enseignant-Chercheur au DFR STerMi, INP-HB Yamoussoukro/Côte d’Ivoire.


Contexte du Sujet

L’exploitation minière est l’une des principales industries primaires au monde (Sandlos et Keeling, 2009). L’exploitation de l’or joue un rôle non négligeable dans la vie économique de plusieurs pays à travers le monde. En Afrique, elle constitue un secteur économique significatif dans plus de 34 pays (Gajigo and all, 2012). En Côte d’Ivoire, pays agricole par excellence, l’industrie extractive devient le second pilier de son économie (Koffi and al, 2014) lors de la chute des coûts des matières premières agricoles dans les années 1980 et 1990 (Soro, 2011). On assiste alors à la naissance de plusieurs mines d’or telles que celles de TONGON, de BONIKRO, d’AGBAOU, d’ITY etc. En 2017, la production de l’or s’élevait à 25.395 tonnes soit, combinée aux autres produits d’exploitation minière, une contribution de 4.8% au PIB national (MEF, 2018). Toutefois, l’exploitation aurifère a des impacts aussi bien positifs que négatifs sur l’environnement en général et l’eau souterraine en particulier. Eau qui, souvent dénommée « or bleue », est présente en quantité réduite et inégalement répartie à la surface de la terre (Maina, 2016). En effet, la totalité de l’eau douce présente sur terre ne représente que 3% des eaux terrestres (Perrin, 2000) dont près de 32% constituées par les eaux souterraines et 70% immobilisées au niveau des glaciers (Gleick, 1996). Ainsi, l’exploitation aurifère à l’instar de toutes les activités humaines se doit, en plus d’être lucrative, se placer dans une logique de développement durable. Ainsi, conformément à l’objectif 6 des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, « il faut investir davantage dans la gestion des écosystèmes d’eau douce », les questions concernant les effets sur la qualité de l’eau et la disponibilité des ressources en eau dans la zone d’un projet minier sont donc essentielles dans l’évaluation des impacts du dit projet. A-t-on coutume de dire, « il vaut mieux prévenir que guérir », cet adage trouve tout son sens en ce qui concerne la dégradation des écosystèmes d’eau douce. En effet, comme peut en témoigner « l’expérience Tsolum River : mine à court terme, coûts à long terme », où suite à la pollution des eaux, environ 60 millions de dollars ont été dépensés (FEPS, 2008), la dépollution de l’eau est un processus très compliqué, mais surtout extrêmement coûteux. « La protection doit donc rester le but premier de la société. L’adoption de ce bon comportement nous permettra de ne pas transformer la course à l’extraction de l’or en cauchemar de cours d’eau empoissonnés » (De Rosa and al, 1997).

Présentation du Sujet

Dans un contexte comme celui de la Côte d’Ivoire où l’agriculture est le premier poumon de l’économie nationale, la gestion des ressources en eaux est d’une importance capitale. L’exploitation aurifère étant en pleine expansion, il est important d’en étudier les impacts sur les systèmes d’eaux douces dans une optique de gestion durable de ces ressources. C’est dans l’optique de trouver des solutions à cette problématique que la présente étude a été initiée suivant le thème : « Evaluation de l’impact de l’exploitation aurifère sur la dynamique des eaux souterraines dans un contexte de changements globaux (Cas de la Côte d’Ivoire) ». Il s’agira donc de créer un outil de gestion de la ressource en eau, un modèle, qui permettra de faire des prédictions quant aux risques potentiels que peuvent engendrer les activités de la mine pour les eaux souterraines tout au long de l’exploitation.

Questions de Recherche

La question centrale qui guide cette recherche est la suivante : Comment l’exploitation aurifère impacte t’elle les eaux souterraines ? Cette question centrale entraine les questions spécifiques suivantes :

Dans quel contexte de changement global environnemental et climatique se situe l’aquifère exploité ?

Quelles sont les facteurs qui influent sur l’aquifère en question et quels sont leurs effets ?

Quels sont les impacts de l’exploitation aurifère sur l’aquifère exploité ?

Comment conceptualiser à travers un modèle, la fluctuation du niveau piézométrique ?

Comment modéliser le transfert des polluants jusqu’au des nappes d’eau souterraines ?

Objectifs de l’Etude

Objectif global Modéliser l’impact qualitatif et quantitatif de l’exploitation aurifère sur les eaux souterraines.

Objectifs spécifiques

Analyse environnementale et climatique de l’aquifère exploité ;

Caractériser les paramètres hydrodynamiques et de productivité de l’aquifère exploité ;

Mise en place d’un modèle de fluctuation du niveau piézométrique ;

Mise en place d’un modèle de transfert de polluants. Matériels et Méthodes L’idée de base est d’aboutir à un modèle de prédiction des impacts qualitatifs et quantitatifs de l’exploitation aurifère sur les eaux souterraines. Pour se faire il faudra :

Utiliser des techniques de télédétection pour l’analyse environnementale de l’aquifère (Cartographies d’occupation du sol, images satellitaires etc.) ;

Etudier la situation climatique de la zone (données de pluviométrie, cartographies de sécheresse etc.) ;

Caractériser l’aquifère à travers la recherche bibliographique, la recherche des données disponibles ou mesurables de perméabilité, de variations du niveau piézométrique au niveau des forages ou des puits auprès des sociétés minières ou autres, l’élaboration des logs stratigraphiques, l’utilisation des méthodes géophysiques etc. ; ✓ Approche de modélisation, puis :

Modéliser les écoulements de surface et souterrains ;

Rajouter le pompage au modèle ;

Rajouter le transfert des composés potentiellement polluants au modèle.

La revue bibliographique permettra au fur et à mesure d’affiner la méthodologie de travail.

Résultats attendus

Les résultats attendus à la fin de ce travail sont :

La dynamique environnementale et climatique de l’aquifère est connue ;

La caractérisation des paramètres hydrodynamiques et de productivité de l’aquifère est faite ;

Un modèle de prévision de fluctuation du niveau piézométrique est mis en place ;

Un modèle de prévision de transfert de polluants est mis en place.

 

 

 

 

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